En bref (à partir des articles du Monde de cette semaine)

 

Mercredi 19 septembre 2012, la presse relaie unanimement la publication des travaux de l’équipe du biologiste Gilles-Eric Séralini (université de Caen). Ils sont les premiers à suggérer des effets délétères, sur le rat, de la consommation d'un maïs génétiquement modifié, résistant à un herbicide.

Le jour même, le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, déclare vouloir revoir les procédures d'homologation des OGM au sein de l'Union européenne. Le lendemain, jeudi 20 septembre, le premier ministre Jean-Marc Ayrault annonce que si le danger des OGM était avéré, la France "défendrait au niveau européen" leur interdiction.

Cette publication relance l'affrontement entre pro et anti-OGM dans une tempête médiatique et politique. Cependant, pourquoi la publication de Gilles-Eric Séralini sème-t-elle le doute ?

 

Des méthodes de communication inhabituelles

Les journalistes n'ont pu prendre connaissance de l'étude qu'après la signature d'un accord de confidentialité expirant mercredi 19 septembre dans l'après-midi. Les journaux n'ont donc pas pu la soumettre pour avis à d'autres scientifiques alors que c’est généralement l’usage, notamment lorsque les conclusions vont à rebours des travaux précédemment publiés sur le sujet.

Une opération de promotion ?

Gilles-Eric Séralini sort en même temps un livre (Tous cobayes !, éd. Flammarion, à paraître le 26 septembre), dont une adaptation sera aussi sur les écrans (film de Jean-Paul Jaud). Certaines images seront diffusées sur France 5 le 16 octobre dans un documentaire (Source: le Nouvel Observateur). 

Un financement qui met en question l’indépendance de l’étude

Les travaux de M. Séralini (budget de plus de 3 millions d'euros) ont été financés par la Fondation Charles-Léopold Mayer, par l'association CERES (qui rassemble notamment des entreprises de la grande distribution, or “Auchan ou Carrefour ont basé une partie de leur stratégie marketing sur la promotion des produits sans-OGM” estime Gérard Pascal, ancien toxicologue spécialiste des OGM à l’INRA), le ministère français de la recherche et le Criigen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique), une association qui milite contre les biotechnologies.

Un travail de remise en question qui ne fait que commencer… et qui a le mérite de soulever le problème de la recherche scientifique en matière d’innocuité des OGM

M. Séralini s'engage à fournir à la communauté scientifique les données brutes de son expérience afin qu'elles puissent être réanalysées par ses contradicteurs. Affaire à suivre...

M.C (d'après Le Monde)

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